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Mon commentaire sous l’article « La suite » de Daria Marx sur l’antisémitisme

Daria Marx (pseudo) a publié un des plus clairs articles sur l’attentat antisémite de vendredi 9 janvier 2015 à Vincennes (ou porte de Vincennes), le lendemain. On m’a signalé l’article le 12, j’y ai soumis un commentaire, et en parallèle1, je l’avais enregistré car je sais que les blogs ne te recrachent pas ton commentaire quand il n’est pas validé par l’admin. Comme il n’a pas été validé, je le publie ici2.

La phrase « Il faudra supporter que les vies enlevées à Vincennes sont moins glorieuses que celles enlevées à Paris. » entre en résonance chez moi avec la très grande différence de perception et accueil réservé aux rescapés juifs des camps de concentration et d’extermination par rapport aux héroïques prisonniers à leur retour à la Libération. Très bien raconté par Virginie Linhart dans La Vie après que je vous recommande vivement (livre). Et le docu qui va avec : http://www.ina.fr/video/4173099001.

Merci et bravo pour cet article qui me touche beaucoup (sauf la partie sur Charlie que je lisais depuis 20 ans malgré des coups de colère à partir de 2012-2013), encore une fois : droit dans le mille.

Par ailleurs, pas rancunière pour une fois, j’ai fait la promo de l’article, car il le mérite, il ne faut pas juger la littérature au caractère, parfois de cochon, de leurs auteurs :

Et

Et enfin

Notes
  1. cette personne, qui écrit terriblement bien sur son blog, est aussi très agressive sur Twitter, et elle m’avait agressée violemment plus d’une fois et bloquée, donc j’ai pris mes précautions. C’est triste, mais le monde est ainsi fait, notamment rempli de gens qui se trompent de cible…Tous (il manque celui de ce matin, je ne comprends rien…) mes tweets la mentionnant, d’après les archives de Twitter []
  2. genre il est trop trop essentiel []

La France a-t-elle eu l’Open Access Week qu’elle mérite ? #OAW #OAW13

Acte 1. Avant que n’éclate le #MSWgate

L’Open Access Week, ou semaine du libre accès, c’est, selon le site OpenAccessWeek.org « A global event, now in its 6th year, promoting Open Access as a new norm in scholarship and research. »

On voit dans la page About qu’il est attendu principalement que ce soient des financeurs de la recherche (l’ANR ou le MESR en France ?), des chercheurs, des administrateurs de la recherche, des éditeurs, des étudiants et des bibliothécaires/documentalistes qui l’organisent. D’après la page Wikipédia du projet, ce sont 2 associations américaines qui ont lancé le concept en 2007.

En France en 2013, l’Open Access Week s’est résumé en 1 événement à la FMSH (Paris), 1 à l’EHESS (Paris), 1 événement à l’UPMC (Paris) et 2 événements hors de France. Donc rien à l’échelon national, un événement principalement parisien.

Au premier abord, j’aurais pensé qu’en France un tel événement devrait être organisé par un collectif d’institutions/labos/unités de recherche, du type de ceux à l’origine de la pétition I Love Open Access.

Au lieu de ça, en France, l’OAW 2013 a été organisé par MyScienceWork (MSW), une entreprise qui enferme des articles en accès ouvert derrière une barrière d’inscription. Cela avait d’ailleurs déjà été relevé au mois d’août dernier par un documentaliste sur Twitter :

Cerise sur le gâteau, cette entreprise (MSW) initialement crée en France a récemment installé sa domiciliation fiscale au Luxembourg « tout en ayant une filiale à Paris » (pas forcément pour de l’exil fiscal, le Luxembourg est un beau et généreux pays : il a par ailleurs investi entre 1,2 et 1,5 millions d’euros selon les sources de MSW)

La crème sur la cerise sur le gâteau, ce sont les partenariats publics établis. D’après les logos en bas de page d’accueil,

Capture d’écran 2013-11-02 à 17.17.48

l’événement a pour partenaires de nombreux organismes publics et para-publics prestigieux :

OpenEdition, portail de ressources électroniques en SHS qui regroupe les 4 plateformes : (i) OpenEdition Books (livres), (ii) Revues.org (revues et livres), (iii) la plateforme de blogs Hypothèses (blogs de recherche) et (iv) Calenda, calendrier en libre accès de l’actualité de la recherche en SHS). L’ensemble est développé par le Centre pour l’édition électronique ouverte (le Cléo), un centre mixe CNRS-Université de Marseille-EHESS
– Le consortium Couperin, « de négociation et d’expertise des ressources documentaires électroniques de l’enseignement supérieur et de la recherche français. » (définition WP)
– Les Universités Pierre et Marie Curie (Paris) et du Luxembourg,
– L’URFIST, le service inter-académie de formation à l’information scientifique et technique,
– Le CCSD, unité propre de service du CNRS, qui développe dans l’esprit du libre accès les archives ouvertes Hal, la plateforme TEL (thèses en ligne) et Médihal, ainsi que la plate-forme Sciencesconf.org,
EDPSciences, une maison d’édition,
– L’Institut français, établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) qui a pour mission la promotion de l’action culturelle extérieure de la France
– La FMSH, Fondation Maison des sciences de l’homme, de statut associatif à sa création, mais fondation depuis l’année suivante [mise à jour le 16 nov. 2013, note 1], et servant un peu [mise à jour le 16 nov. 2013:] beaucoup de soutien et de coordinateur à de nombreux projets internationaux [mise à jour le 16 nov. 2013:] et pas seulement 🙂
– L’EHESS, École des hautes études en sciences sociales, de statut « grand établissement » de recherche et d’enseignement supérieur.

Enfin, le pompon sur la crème sur la cerise sur le gâteau, c’est que le site web de la semaine de l’OA en France (http://www.mysciencework.com/open-access-week) est hébergé chez MSW, au lieu d’un nom de domaine « neutre » et rassembleur où tous les partenaires puissent se reconnaitre, et c’est donc seulement cette entreprise qui a bénéficié du trafic généré par cet évènement.

Cela pose de nombreuses questions (je vous fais une synthèse de mes questions et de celles vues ici et là) :

[1] Est-ce que c’est MSW qui, partant de l’observation que les acteurs institutionnels légitimes n’arrivaient pas à se bouger, a décidé de proposer quelque chose et a ensuite réussi à les fédérer, ces derniers étant trop heureux de faire quelque chose « clés en mains », à moindre frais ; ou est-ce qu’une ou plusieurs de ces institutions a fait appel à la boîte, hors toute procédure adéquate, pour leur suggérer d’organiser la semaine, les assurant de leur soutien comme partenaire ? Les quelques questions posées en privé et sur Twitter à certains protagonistes n’ont pas permis d’y voir plus clair. Mais en privé, 2 sources indépendantes et proches de l’affaire, comme on dit, ont affirmé que l’EHESS était demandeur. Cette rumeur est démentie par un tweet assez étonnant [précision le 16 nov. 2013 : étonnant non pas pour le démenti, que je prends extrêmement au sérieux, mais sur l’appel personnel à l’organiser. Comme si là était le sujet.] de Pierre Mounier :

[2] Comment se fait-il que ces prestigieux acteurs de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’édition libre en France ont-ils eu « besoin » d’une entreprise franco-luxembourgeoise (MSW) pour organiser l’Open Access Week à Paris en 2013 ? Que l’entreprise franco-luxembourgeoise ait souhaité ces partenariats se comprend aisément, mais comment EHESS et FMSH ont-ils pu accepter un tel partenariat ? Par faute d’argent ? Par faute d’idée ?

[3] Enfin on peut se demander comment la décision du partenariat a été prise au sein de chacune des institutions sus-citées de demander/accepter d’engager des institutions publiques françaises dans une initiative privée franco-luxembourgeoise dont le fonctionnement est en contradiction avec les principes mêmes de l’open access ?

De façon cohérente (mais étonnante quand on voit la suite des événements), certains partenaires ont d’ailleurs affiché leur soutien (parfois individuel) à la semaine et le site MSW (en plus du logos sur la page), prêtant donc encore une fois de leur légitimité à l’opération :

Acte 2. Le #MSWgate

De son côté, Stéphane Pouyllau (SP), directeur-adjoint d’Huma-Num, la très grande infrastructure pour les humanités numériques, a été invité par MSW pour parler de digital humanities (humanités numériques en français) au cours de la semaine de l’OA. Il a accepté  et cela lui a permis de découvrir la plateforme de l’entreprise en question. Cette découverte a été pleine de surprise et il en a tiré un article très complet, qui offre notamment une session de consulting gratuit à l’entreprise qui saura, espérons-le, en tirer tous les bénéfices (plein de conseils à implémenter, 3 ans après avoir commencé à travailler sur la plateforme. Il n’est jamais trop tard pour se poser les bonnes questions et bien faire).

puis

et

SP ne mâche pas ses mots, il dit notamment que « le moteur de recherche de MSW […] – tout en se réclamant de libre accès […] – en malmène largement les principes ; voir construit son projet en privatisant de la connaissance en libre accès. »

et plus loin

« je trouve ces pratiques malhonnêtes et je dis qu’il s’agit de la privatisation de connaissances en libre accès. »

De son côté, Marin Dacos et n’hésite pas à parler de « vol » dans son commentaire du billet de SP et va jusqu’à dire :

« Avaler et republier des contenus qui ne sont pas placés en licence libre, c’est illégal, c’est du vol, pur et simple. Cela n’a rien à voir avec une quelconque jeunesse technique du projet. Peu m’importe, pour ma part, que les fichiers soient dans une zone d’accès restreinte aux membres. Ce qui doit cesser immédiatement est la republication sans autorisation des articles.
Il n’y a pas de rdv avec HAL qui tienne. A ma connaissance, les auteurs n’ont pas cédé à HAL une licence leur permettant de céder à leur tour les articles à un tiers, sous droit d’auteur ou sous licence libre. En l’absence de mention particulière, les articles appartiennent à leurs auteurs et à leurs auteurs seulement. »

Le billet de SP rencontre pas mal d’échos, à en juger par les riches commentaires et le fait qu’il est soit repris sur Twitter. Par Hubert Guillaud :

Par @Calimaq :

Les réactions

Des réponses de MSW commencent à arriver, mais elles sont largement insuffisantes et « locales »:

À cette occasion, les langues se délient plus généralement sur l’outil proposé par MSW et par les événements de l’OAW, voir par exemple :

ou

ou encore

ou aussi

Tandis que devant les pontes français de l’Open Access (comme Marin Dacos et Stéphane Pouyllau), MSW et ses dirigeants font des courbettes…

…ils n’hésitent pas à se lâcher pour les autres qui posent des questions :

ou :

Bien sûr, il y a çà et là des gens qui se disent choqués par les propos de la dirigeante de MSW :

ou

et

Les soutiens s’expriment cependant principalement en privé. Pourquoi n’osent-ils pas se montrer en public ? Ont-il peur des représailles ? MSW est-il si puissant et dangereux ?

Y a donc un moment où cela a complètement dégénéré, comme le signale également Stéphane Pouyllau :

Que s’est-il passé ?

Quelqu’un a une explication ? Qu’est-ce que cette gestion calamiteuse de mini-crise ? Quelles leçons doit-on en tirer ?

S’agit-il de « darwinisme entrepeunarial » (comme je l’ai reçu par dm par un ami chercheur  : « Elle est en mode Darwinisme entrepreunarial la cheffe. On la critique, elle mord. » ? Je prends les paris que dans les jours qui viennent MSW va prendre des contacts personnels avec Marin Dacos, Pierre Mounier et Stéphane Pouyllau pour essayer de désamorcer le #MSWgate qui n’a déjà que trop duré.

Mon problème n’est personnellement pas avec MSW mais avec la façon dont l’OAW a été mené en 2013 (ou pas, justement) par les institutions publiques impliquées dans l’Open Access : j’attendais plus de sérieux de leur part. Gageons que cet épisode n’est que la base d’un OAW 2014 dans l’esprit initial d’accès ouvert et de collégialité. Ceci dit, il faudrait faire attention car le modèle économique de MSW est basé sur le journalisme scientifique et la « mise en place prochaine d’un compte premium ». Il ne faudrait surtout pas que le travail d’ouverture entrepris par les institutions de recherche françaises finisse sous accès premium pour favoriser un retour sur investissement de l’État luxembourgeois.

P.S. Je n’ai pas pu participer personnellement à l’OAW 2013 malgré une invitation à y parler (au nom de Deuxième labo) donc je ne remets pas du tout en question la mise en œuvre de l’événement mais son insertion dans le tissu public existant et actif de l’Open Access en France.

Notes

1. C’est une lecture trop rapide des premières lignes de la page Wikipédia de la FMSH qui m’a induite en erreur. Et ceux qui me diraient « Mais enfin, ça s’appelle « Fondation… », c’est forcément une fondation », je connais trop bien le cas de la Fondation Sciences Citoyennes, de statut associatif pour m’arrêter à ça.

2. Je ne voulais pas blesser personnellement aucun des acteurs de cette histoire. Apparemment, ça a été le cas. Je les prie de m’excuser. Mais je leur pardonne pas d’avoir laissé des gens m’insulter publiquement sans réagir.

test (désolée de devoir en passer par là)

test d’intégration (embed) de tweet : que se passe-t-il si le tweet est effacé ? Et les RT sont-ils comptabilisés ? Autrement dit, l’intégration est-elle dynamique ? Je crains que oui…(ça a aussi des avantages, mais beaucoup d’inconvénients)

#billet auto-réflexif, insertion d’une capture faite à 14h02, juste avant la suppression du tweet
(pour mémoire)

Capture d’écran 2013-11-02 à 14.01.22

Capture de la page après suppression du tweet intégré par le code « embed » :
Capture d’écran 2013-11-02 à 14.06.26

Le métier le moins sexy du monde ? #sapiosexuelle

Évidemment, certains ont voulu savoir :

D’autres ont émis des hypothèses :

@un_ouragan : @squintar je vote marketeux ou pubard.

Je ne sais pas si ça en dit plus sur les métiers qui semblent rédhibitoires à mes followers, ou sur les métiers dont ils pensent qu’ils pourraient être repoussants pour moi. Sans doute un peu les deux 🙂

Et la bonne réponse était marketing pour l’industrie pharmaceutique. Mais certaines autres réponses ci-dessus auraient pu me faire le même effet, et d’autres cités, pas du tout (au contraire) :-

note :

WordPress, c’est bien pour inclure les tweets. Mais quand je décoche « Include parent Tweet » comme expliqué ici, j’aime bien que ça ne l’inclue pas :-/

Comment se faire attaquer par une meute sur twitter : toucher à une icône du net ? #iconoclaste #byzance

Mise à jour juillet 2013 et explication de pourquoi il y a eu publication/dépublication/republication de cet article entre le 19 et le 20 juillet 2013.

Vu la micro-polémique déclenchée hier sur Twitter suite à la dépublication de l’article ci-dessous, je me dois de donner quelques explications. Vous allez voir, c’est pas passionnant. Ces derniers jours, j’avais décidé de publier enfin cet article écrit le 30 mai 2012 et gardé en brouillon depuis. Je l’ai donc repris en main pour l’éditer. J’avais l’intention de le publier à la date d’écriture, soit le 30 mai 2012 (antédatation) pour ne pas débarquer comme un cheveu sur la soupe dans mes préoccupations actuelles sur mon blog. J’ai donc commencé la mise à jour de l’article, et comme je le fais souvent quand j’écris, j’ai voulu enregistrer au fur et à mesure d’appuyer sur “Mettre à jour” (le brouillon, donc), j’ai cliqué sur “Publier” par erreur. Comme je n’avais pas fini, et que je n’avais pas le temps de m’en occuper, j’ai immédiatement dépublié l’article. Mais c’était oublier que finalement, à force, des gens me suivent/me lisent, par un flux RSS ou par un abonnement par mail. Notamment des gens malveillants dont je n’aurais pas parié qu’ils s’intéressent à mes écritures. Mais aussi des amis. Alors que je travaillais de mon côté à tout autre chose, j’ai été alerté d’un tweet assez hostile par le mail d’un ami. Là, j’ai compris qu’il y avait urgence à publier. C’est chose faite. Au jour du 20 juillet 2013, donc. Un jour ma transparence me tuera, mais pas aujourd’hui.

Article de mai 2012, avec des mises à jour signalées quand elles sont significatives.

*** WARNING *** DISCLAIMER *** Cet article ne concerne pas La Quadrature du net, « organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet », mais le compte twitter qui est rattaché à leur site. Et encore, l’usage qui en est fait/l’image qu’il veut donner. Et surtout les dévots qui gravitent autour et s’érigent en gardien du temple. *** WARNING *** DISCLAIMER ***

Tout a commencé par cette notification reçue par mail, le compte twitter @laquadrature s’est mise à suivre mon compte twitter @squintar :

J’envoie mon traditionnel DM de bienvenue (1), rien à signaler de particulier.

Quelques jours plus tard, je réalise que je suis la seule followée de ce compte, je trouve ça curieux, je clique sur le compte, et je vois que le nombre de followés est passé à…zéro ! Je fais une hypothèse rapide (dont on verra plus loin qu’elle était fausse) : je me dis qu’ils followent et unfollowent systématiquement et rapidement pour se faire connaître – pratique courante sur twitter, et j’écris ce tweet (notez bien que je ne parle pas de leur nombre de followés) :

Et là, c’est la déferlante : (à lire de bas en haut, et en commençant par la capture du bas) :

Je ne sais pas quelle visualisation est la meilleure, j’ai aussi ça, à lire de haut en bas, et qui montre mieux la « hiérarchie » des tweets : (représentation obtenue avec Aaron’s twitter viewer puis capturée avec Paparazzi)

Essayons de comprendre

La 1ere réaction vient de GusLeLapin : il fait l’hypothèse d’une fausse manip. Comme c’est aussi une private joke entre nous (…), je ne le prends pas au sérieux. Quelques amis semblent d’accord avec mon offusquation (oui, oui, je me donne le droit de jouer avec la langue française), mais se concentrent sur le zéro following, et sur ce que ça veut dire en termes d’interactions sur twitter.

Quelques minutes plus tard, mon tweet ayant dû tomber dans les radars, des personnes qui ne me suivent pas se mêlent de la conversation. Le premier est kheops2713. Au début, ça a l’air sympa, un peu ironique, donc je réponds avec humour (les « soviéto-écolo-nazi » me rappellent des discussions passées sur la proximité idéologique entre les nazis, l’extrême droite et l’écologie quant à la valorisation/respect/culte/protection de la nature, c’est un sujet qui me fascine depuis ma lecture de Robert Proctor…). Mais là, le ton monte : la Quadrature n’aurait pas besoin de moi. C’est un argument qui va revenir souvent quand les protagonistes vont augmenter. Je le trouve très intéressant : je ne pense pas qu’une organisation de lobbying puisse vraiment atteindre son but sans essayer aussi de récolter la sympathie du « grand public ».

On bascule ensuite dans le dénigrement : mes tweets seraient d' »utilité négative » (ça veut dire quoi ?). Mais quel rapport avec le schmilblick ? Pourquoi m’attaquer personnellement ? Auraient-il un truc à se reprocher ? Je commence à trouver ça bizarre et me demander qui est donc ce type qui vient m’agresser alors que je ne lui ai rien fait. A moins qu’il considère que je lui ai fait quelque chose avec mon tweet ? J’aurais touché un point sensible ? Kheops2713 ne s’arrête pas là, il m’accuse d' »emmerder » la Quadrature pour me « donner de l’audience ». Là je me dis que le type est dérangé.

C’est là que l’amie Juju vient mettre son grain de sel, avec une réponse qui donne le ton de ses interventions ultérieures : la Quadrature fait du bon boulot, DONC ils n’ont pas besoin de moi. Mais quel rapport ? Je ne parle pas de leur boulot, je ne le critique pas, je sais qu’il est très bon et indispensable, je ne parle que de leur stratégie sur twitter : ne suivre personne, et faire du follow/unfollow pour se faire connaître (ce 2ème point est erroné, je ne le saurais que plus tard). Ce ne sera pas les premiers ni les derniers.

À part Gus, personne ne parle de ce point précis (la stratégie de la Quadrature sur twitter), et il faudra attendre l’arrivée de Benjamin Sonntag dans le débat pour avoir une piste sérieuse : il fait partie des gens qui sont derrière le compte de la Quadrature, et il lui arrive de faire des erreur de jonglage entre ses comptes. En effet, il me suit depuis quelques temps, donc c’est tout à fait possible.

Cette information est en fait triple :
1/La Quadrature ne m’a followée que par erreur (c’est dommage de ne pas l’avoir signalé à la réception de mon DM, mais bon),
2/La Quadrature ne pratique pas de follow/unfollow systématique,
3/ Gus avait fait le bon « guess » dès le début.

Je pense que ça aurait dû s’arrêter là. Je soulève un point en suggérant une hypothèse. Les gens font des hypothèses dans un sens, dans l’autre. Et on a une intervention qui répond de façon beaucoup plus satisfaisante à mon interrogation de départ que l’hypothèse que j’avais faite, hypothèse qui me parait après coup hyper inutilement compliquée.

Mais ça ne s’arrête pas du tout là. Débarque Skhaen avec un 3ème « La Quadrature n’a pas besoin de toi ». Là je commence à me dire qu’il s’agit d’une bande de gens qui ont eu un media training de pro, avec des éléments de langage, et qu’on les a préparés à ce genre d' »attaques » : « Si quelqu’un râle parce que la Quadrature ne suit personne, bah vous direz que la Quadrature n’a pas besoin de suivre les gens, c’est eux qui ont besoin de suivre la Quadrature ». Là, je me demande dans quelle sorte de secte j’ai mis les pieds, et je commence à avoir peur.

Juju dit que la Quadrature ne sert qu’à « faire de la promo », plus tard, un ami parlera plus loin de marketing. Effectivement, je remonte la TL de la Quadrature, et je me dis que c’est pas un compte twitter, c’est rien de plus qu’un robot qui crache du contenu, des liens de leur site web.

S’abonner au flux RSS de leur site serait aussi intéressant (donc non intéressant, en passant à côté de toute l’interaction possible sur twitter). Je décide alors de pointer, sans citer la Quadrature, le fait que l’utilisation « Twitter RSS » est une mauvaise pratique. (rajout juillet 2013 : C’est mon avis, je sais qu’il y en a d’autres. Et même mon avis évolue depuis car je connais pas mal de gens qui remplacent leur veille à base de flux RSS par une veille sur Twitter)

Ce tweet relance le débat, indirectement :

Des soutiens… qui préfèrent se cacher (ou pas)

Des followers qui ont vu l’absurde agressivité dont je suis victime, en parlent en TL (j’ai pas les captures)…et en DM. Je n’ai malheureusement pas gardé les copies des DM, mais ce sont 1/des informaticiens, plutôt proches, très très proches du libre, voire en plein dedans, et 2/ 2-3 personnes qu’on appelle geeks (concept confus, mais faites pas comme si vous ne voyiez pas ce que je veux dire) qui témoignent, essayent de me rassurer. Extraits (à partir des mails de notification) :

  • « T’as tâté du geek un peu nerveux et méprisant ».
  • « Ben dis donc, quelle déferlante tu t’es pris d’un coup sur l’affaire de @laquadrature ! ;(Une vraie meute… c’est très bizarre ».
  • « Oui je sais Kheops est dans telecomix et a aidé à rétablir les connexions avec la Syrie. Mais là il s’est comporté en gros geek obtus »
  • « C’est un pb d »inclusion dans leur sphère. Je te considère comme moi=> je suis cool. Je décide que tu es mon ennemi => je suis un connard »
  • « C’est la complexité de la nature humaine. Je te rappelle que des gens sympas peuvent faire des trucs dégeulasses et des gens cons font des trucs très bien ».
  • « C’est pour ça que j’aime pas les geeks ;-). Ils sont monomaniaques et pas tolérants. Et en même temps on partage certaines valeurs théoriques sur les grands principes mais qui ne s’appliquent pas dans les relations personnelles »
  • « Mais non sérieux faut pas paniquer. C’est 2-3 mecs de la quadr. qui s’échauffent derrière leurs écrans. Tu les croises IRL ils filent doux. Parce qu’ils sont derrière leur écrans et qu’ils sont doués en info: ils se croient dans leur monde et tout puissant »
  • « Ah oui clair, quand leur côté « troll en meute » s’exprime ils sont assez détestables :(. Sur quelqu’un, j’avais jamais vu :(. Déjà vu sur des sujets un peu passionnel, dans les forums, où un seul peut ramener une bande. Je crois qu’il y a un côté « je me sens fort en bande, surtout face à une fille ». Pas sur qu’individuellement ils soient si vindicatif…:) les geeks sont très forts pour se déchainer en groupe derrière leur écran, puis individuellement IRL y a plus personne… »
  • « Peut-être @laquadrature n’est jamais critiquée sur twitter (chasse gardée) donc c’est peut-être une première pour eux.  #laviedadulte »

En conclusion, j’ai pas tout compris

1/ Pourquoi ne pas simplement répondre sur le fond ?

Je parlais d’une stratégie de follow/unfollow, une “mauvaise pratique”, sans aucune animosité envers cette organisation. (rajout juillet 2013  : Surtout que ce N’est PAS leur stratégie. JE ME SUIS TROMPÉE DANS MES CONCLUSION HÂTIVE. Je fonctionne très souvent comme ça : je pars toujours d’une hypothèse (souvent forte). Parfois ça ressemble à une conclusion, mais ce n’est chez moi qu’un point de départ. Si je n’ai pas d’hypothèse de départ, c’est qu’en général je ne suis pas intéressée par le sujet. Je fonctionne par étonnements successifs. Le but des échanges/de la recherche qui suit est d’infirmer ou de confirmer cette hypothèse.)

La seule « stratégie » de la Quadrature sur twitter consiste donc à :
1/ l’utiliser comme simple média passif de diffusion de leurs actualités, type flux RSS
2/ ne pas interagir avec la communauté, ne pas faire de conversation/d’éclairage/de pédagogie, alors même que cela fait partie de leurs missions.

Ce ne sont pas des choix neutres, et ils pourraient être expliqués et argumentés. Ce ne sont pas nécessairement des mauvais choix non plus. Mais l’absence d’humanité derrière ce compte se traduit aussi par l’absence d’un débat contradictoire. Dans ce genre de situations, il est bon de ne pas faire l’impasse sur une remise en question de sa communication web.

2/ Pourquoi une telle agressivité ?

Ces gens se sont-ils sentis agressés par mon tweet qui se moquait de la stratégie (supposée) du compte @laquadrature ? Comment peut-on en venir à “m’attaquer” directement alors que je ne signale que des faits (même si je les interprète mal) (et que je suis prompte à changer d’avis) ?

Pourquoi ces 2 personnes, très recommandables selon une fan, et qui ont mené des actions très courageuses, se sont sentis concernés de cette façon par ce que j’ai pu dire de la stratégie du compte @laquadrature, alors que @vincib qui fait partie, selon sa bio twitter, de l’organisation, s’est contenté de calmement répondre et @jerezim, un des fondateurs, semble avoir d’autres chats autrement plus importants à fouetter ? (et gère un compte twitter « normal », non unidirectionnel). De même, comme l’est @ungarage, compte « vivant ».

3/ Tient-on là des pistes sur le grand malentendu entre geeks et non-geeks, entre activistes du net et majorité qui n’y comprend rien ?

C’est difficile de comprendre comment La Quadrature, qui mène une action essentielle sur des libertés fondamentales mises régulièrement en danger par certaines législations peut-elle être « défendue » avec autant de mépris et de hargne, et surtout un tel manque de discernement de la part de certains de ses partisans?

Y aurait-il chez certains, un sentiment d’appartenir un peu à une nouvelle élite, à un club “fermé” dont il ne faut pas discuter les actions ? (rajout juillet 2013 : Je ne sais pas, je pose des questions, va falloir s’habituer à mon fonctionnement (ou pas).)

(rajout juillet 2013) En conclusion, on l’aura compris, mon but n’était pas d’attaquer La Quadrature (dont je ne me permets que de questionner la “stratégie” Twitter) mais de dénoncer les attaques personnelles auxquelles j’ai été exposée, et de poser la question de la défense acharnée d’une institution par ses défenseurs/sympathisants. Ça ne me parait jamais bon, mais c’est normal, je suis anarchiste, insolvable dans une quelconque structure au dessus de la taille individuelle.

On m’excusera (ou pas) pour les barbarismes autour de l’anglais follow/following/follower…(commentaire  juillet 2013 : j’ai bien rigolé en lisant cette note. J’ai dû me ramollir dans mon respect de la langue française face à la barbarie des anglicismes car j’utilise désormais tous ces termes et de bien pires quotidiennement 🙂

Mise à jour suite Juillet 2013 suite au tweet d’@aratta

https://twitter.com/aratta/status/358105318103846913 : Après avoir attaqué #FES2013 et @Jean_no, récidive pr @laquadrature. Quel sera le prochain pr se faire mousser? http://feedly.com/k/17pk0yk

Elle ne me cite pas mais pense/dit que c’est “pour me faire mousser” que “j’attaque” La Quadrature. Déjà, je n’attaque pas La Quadrature, mais je ne vais pas vous refaire tout l’article ci-dessus. Je suis un peu simplicistement attachée à la publication de faits et au signalement de bugs, pour faire avancer le schmilblick. Mais surtout, je suis bien consciente de prendre de gros risques en dénonçant ces pratiques et en publiant ceci, loin de me faire mousser. I wish !

Notes (juillet 2013)

(1) On saura plus tard (par des tweets dont je n’ai pas de trace) que certains de mes interlocuteurs étaient sur IRC à ce moment là, ce qui explique leur arrivée synchronisée pour me tomber dessus.
(2) De temps en temps, et de moins en moins ces derniers temps, je remonte mes mails de notifications des nouveaux followers pour prendre connaissance des nouveaux comptes qui me suivent. Au vu de leur bio ou de leurs derniers tweets, je décide de les suivre ou pas (mais c’est rare), et je leur envoie un DM de bienvenue et d’avertissement que je suis hyper bavarde, que je ne me vexe s’ils m’unfollowent pour cette raison, et que je fais pas de follow-back automatique, mais que je follow quasi-systématiquement tous les gens avec qui j’échange. Ce qui pose un problème avec les comptes privés, mais c’est pas la question ici.
(3) Merci encore à Aaron pour son visualisateur de tweet dont je me suis tant servie ces dernières années (surtout avant que Twitter ne permette de voir les discussions)…Depuis, Aaron s’est suicidé et je suis inconsolable (pas pour cet outil, hein, par pur romantisme de midinette militante)…
(Note sur le titre.) Choisi à l’époque (mai 2012). Omagad. J’ai eu du mal à comprendre moi-même la blague. L’association d’idée icône => iconoclaste => Byzance qui fait référence à l’iconoclasme byzantin (voir Période iconoclaste de l’histoire byzantine) me laisse tout à fait sceptique aujourd’hui et me fait entrevoir avec une soudaine lucidité les raisons des incompréhensions courantes face à mon humour. Je compatis et m’en excuse 🙂