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La France que j’aime #CommeAuPremierJour

Article dans la série La France que je n’aime pasla Turquie qui me manque, la Turquie qui ne me manque pas.

  • La Hulotte, « le journal le plus lu dans les terriers », connu par un ex. Je trouve ça irrésistible. Les dessins sont sublimes. Les infos sérieuses, le ton drôle. J’adore aussi l’histoire de la revue, l’histoire d’un homme principalement. J’adore rencontrer des gens abonnés à La Hulotte. C’est des chouettes gens qui s’intéressent à la nature, la nature sauvage qu’ils ont à portée de mains.
  • Les bals populaires du 14 juillet. Le bal du PC qui s’est longtemps tenu sur le pont ?? entre l’Île Saint Louis et le quai ?? (à compléter). Le fait que les casernes de pompiers ouvrent leurs portes pour accueillir le public.
  • Que le 1er mai soit le seul jour férié nécessairement chômé. La tradition du muguet, les manifs.
  • Le Front Populaire, Mendès-France et Mai 68
  • Le Préfét Maurice Grimaud. Bon en fait il faudrait que je publie l’ensemble de Mon Panthéon Personnel pour être plus juste envers les autres.
  • Les bonnes baguettes et la meilleure pâtisserie du monde. Attention, ni les baguettes ni les pâtisseries ne sont bonnes partout en France, loin de là.
  • L’expression « salle des pas perdus« .
  • Le fait qu’on y danse encore le rock à deux, quel bonheur !
  • Les manifs et les grèves. Les droits, ça se défend et ça s’obtient par les luttes.
  • L’autogestion de Lip (ok, ça n’a pas duré, mais quand même).
  • Les fait que les gens lisent des journaux et des livres dans le métro et dans le bus. Beaucoup moins depuis l’arrivée des téléphones portables, et surtout des smartphones ?
  • Le Canard Enchaîné, les Guignols de l’info, Charlie Hebdo et leur irrévérence.
  • La beauté de Paris. J’habite ici depuis près de 18 ans (+ 2 ans quand j’étais petite), et je ne m’en lasse pas un seul jour. Le fait qu’on n’ait pas le droit de faire des restaurations n’importe comment sur les façades (même si désormais on voit beaucoup de mochetés).
  • Les bancs publics (qui disparaissent, et je trouve ça extrêmement choquant car c’est pour de très mauvaises raisons).
  • Les squares et les jardins type Luxembourg fréquentés par les enfants, les vieux et les amoureux.
  • La quantité de vieux qu’on voit dans les rues. Le pays est vieillissant, comme toute l’Europe, et les rues sont plus accessibles qu’en Turquie, par exemple.
  • La drague assez égalitaire entre hommes et femmes dans les espaces publics (rues, bus, métro, bars). Entre femmes, je ne sais pas, je n’ai jamais été draguée par une femme, à mon grand désespoir. Les regards, les sourires. Pas le regard insistant, baveux, agressif et malsain des mecs qui occupent les rues en Turquie. La drague, ce bonheur que j’ai découvert à Paris. Ça drague aussi à NY ou Berlin, mais non, pas pareil, pas autant, pas aussi bien.
  • Le TGV, suggéré par Antoine. C’est vrai qu’on ne peut pas ne pas admirer la bête, son confort, sa vitesse, son peu d’accidents, son absence de morts. Surtout quand on a fait des milliers de km en bus dans les Pays-du-tiers-monde-qui-commencent-à-s’en-sortir : la Turquie et les États-Unis ;-).
  • L‘impressionnante politesse des gens à table : on ne commence pas avant que tout le monde soit servi. Au resto, surtout. Du coup je me suis payée la honte plus d’une fois, c’est vraiment quelque chose que j’ai du apprendre, qu’on m’a appris (les amoureux surtout, je crois). Plus tard, j’ai remarqué que certains n’y faisaient pas gaffe…et du coup, ça me choque, vraie française que je suis devenue. Et les délicieux touillage de ce que tu as dans ton assiette, en attendant impatiemment que tout le monde soit servi : un vrai petit bonheur.
  • L’amour et la pratique si générale de la montagne/de la rando/de l’escalade. J’ai l’impression de n’avoir jamais rencontré un seul Français qui n’ait pas fait au moins rando dans sa vie. Les sports alpins dans un pays alpin, comme son nom l’indique.
  • Tout le monde qui sait bricoler. Plus ou moins. Chacun a forcément refait la peinture de sa chambre/son studio voire son appart. Remplacé un mitigeur, démonté un évier bouché. Réparé une prise. Eh bien, personne que je connaisse en Turquie (allez sauf 1-2 collectionneur de vieille voiture/ingénieur en mécanique). Encore la faute à la main d’œuvre pas cher en Turquie, on n’a pas besoin de savoir ces choses-là, chaque problème a son spécialiste qui viendra pour pas cher, dans la demi-journée.

(liste en perpétuelle révision. Non, ce n’est pas traçable, si vous avez une meilleure solution, partagez-la)

Des prénoms à la mode en Turquie ?

Par Elifsu Sabuncu et Baptiste Coulmont (billet publié en même temps sur les deux blogs)

L’INSEE turc Turkish Statistical Institute met à disposition deux fichiers donnant le rang des 100 premiers prénoms, depuis 19501.

La belle longévité de certains prénoms, la mort d’autres

Certains prénoms connaissent une belle longévité : Zeynep, prénom féminin, est dans le «top 10» de 1950 à 2010 ; Mehmet, prénom masculin, est presque constamment le prénom le plus donné. On le voit assez facilement dans le graphique suivant, qui donne le rang de quatre prénoms masculins et quatre prénoms féminins depuis 1950 en Turquie.

Mais cette image de grande stabilité est trompeuse. On voit déjà que Elif, prénom féminin, connaît un succès grandissant, et que Hasan, prénom classique, a tendance être de moins en moins donné (relativement aux autres).

Et l’on pourrait tout aussi bien, comme nous le faisons dans le graphique suivant, insister sur les abandons. Certains prénoms, très populaires dans les années 1950, quittent le palmarès, abandonnés par les parents, qui ne nomment plus leur fille, ni leur garçon, ainsi.

Ainsi Serife disparaît du «top 100» avant 2000, et Bayram, prénom masculin, un peu après 2000. Visiblement, tous les grands-pères et toutes les grands-mères n’arrivent pas à transmettre leurs prénoms. En Turquie comme en France, les prénoms des vieux ne sont plus toujours les prénoms des plus jeunes.

Sous la stabilité, de nombreux mouvements

Les abandons (c’est à dire des prénoms qui passent sous la barre du 100e rang) sont très fréquents. Pour les filles : seuls 12 prénoms dans le «top 100» de 1950 sont encore présents dans le «top 100» en 2010 : Zeynep, Elif, Zehra, Fatma, Meryem, Ayşe, Medine, Hatice, Rabia, Emine, Melek, Esma. Les 88 autres prénoms de 2010 sont des prénoms « neufs » (ou peut-être, comme en France, d’anciens prénoms revenus au goût du jour2). Il en va de même pour les garçons, même si les changements sont un peu moins rapides (En 2010, il reste encore 29 prénoms présents en 1950, Yusuf, Mustafa, Mehmet, Ahmet, Ömer, Ali, Ibrahim, Hüseyin, Hasan, Ismail, Hamza, Abdullah, Ramazan, Murat, Mehmet-Ali, Salih, Yakup, Osman, Kadir, Bilal, Halil, Mehmet-Emin, Abdülkadir, Halil-Ibrahim, Süleyman, Musa, Adem, Mahmut et Isa).

Cette première différence entre garçons et filles est importante : en Turquie, tout comme dans les autres pays européens pour lesquels l’on dispose de données, les prénoms des filles se renouvellent plus vite que les prénoms des garçons. Les parents turcs en Turquie, aussi bien que ceux nés en Turquie mais immigrés en Allemagne ou en France, se permettent de donner aux filles des prénoms ayant une « carrière culturelle » plus courte que celle des prénoms masculins. Il y a plus d’inertie associée aux prénoms donnés aux garçons.

Si des prénoms disparaissent, il faut bien que d’autres les remplacent. Et ils ne sont pas remplacés par des prénoms aussi « classiques ». Les Turcs ont bien l’équivalent de nos « Martine » (1950-1960), « Aurélie » (1980-1990) ou « Manon » (1990-2000), prénoms générationnels qui connaissent un engouement très rapidement suivi par un désintérêt.

Le graphique montre bien le succès éphémère de quelques prénoms : Tuǧba pour les filles, ou Emrah pour les garçons ne restent pas longtemps au sommet du classement. Un prénom comme Sıla semble arriver de nulle part et disparaître aussi vite : il semble lié à la diffusion d’une série de télévision du même titre, dans lequelle une pauvre fille est recueillie par une famille riche d’Istanbul (vidéo ici)

Certains prénoms, qui se trouvent dans le «top 10» en 2009, n’ont que quelques années de popularité réelle : Ecrin (qui viendrait de l’arabe, et qui se prononce «edjrine»), Irem, Merve, Yaǧmur, Eylül et Nisanur pour les filles, Yiǧit ou Arda pour les garçons.

De la mode, donc !

Le cas turc est intéressant. L’étude des variations temporelles de la popularité des prénoms s’est appuyée sur les exemples de pays comme les Etats-Unis, la France, les Pays-Bas… pour lesquels un état civil ancien permettait de repérer des phénomènes de mode. Rares sont les travaux à avoir essayé d’observer les mêmes phénomènes dans des pays, disons «extérieurs au G7». Dans les études portant sur les conséquences de la migration sur le choix des prénoms, il est parfois écrit que les prénoms des immigrés et de leurs enfants sont « traditionnels », comme si, dans « leurs pays », il n’y avait que « tradition ».

This corresponds to the results of Lieberson (2000), and Sue and Telles (2007), who have reported a higher use of more traditional (ethnic) first names for boys than for girls in Mexican-American families. This gender difference in naming is not easy to interpret. One possibility is that parents want traditions to be continued primarily by their male offspring.

Becker, B. [2009], Immigrants’ emotional identification with the host society. Ethnicities, 9[2],  p.200-225.

Oftentimes, ethnic groups voluntarily give up their traditional first names and adopt names of the dominant ethnic group without state intervention.

Gerhards, J. & Hans, S. [2009], From Hasan to Herbert: Name-Giving Patterns of Immigrant Parents between acculturation and Ethnic Maintenance. American Journal of Sociology, 114[4], p.1102-1128.

De ce fait, il est implicitement sous-entendu que les pays à majorité musulmane (ou, plus largement, les pays d’émigration) auraient des « prénoms traditionnels » (Ali, Mohamed, Fatima…), qui, en plus, seraient hérités de (grand-)père à (petit-)fils. Ces pays ne connaîtraient pas la mode… et le fait de porter des prénoms ressemblant à des prénoms « musulmans » serait une preuve d’attachement à des « traditions ».

De rares travaux ont montré que ce n’était pas le cas, la mode n’est pas une spécificité occidentale. Et l’on peut, en cherchant bien, disposer maintenant de données statistiques au niveau national, qui le prouvent.

Peut-on repérer autre chose ?

Accessoirement, les données turques permettent d’autres interprétations. Par exemple, le succès récent de Muhammed (que l’on voit dans le graphique précédent), semble remplacer Mehmet. Si l’on fait l’hypothèse que Mehmet, forme turquisée de “Mohamed », pouvait être lié au nationalisme des parents (préférant des prénoms “turcs » pour leurs enfants), alors on peut supposer que Muhammed est donné par des parents plus islamistes que nationalistes (ou trouvant désuet le recours à une forme éloignée de l’arabe).

Un premier classement des prénoms origine etymologique (« arabe », « turc », « persan »…) donne des résultats incertains (ci-dessous, pour les prénoms des filles). Les prénoms « turcs » (en bleu) ont tendance à être de moins en moins nombreux dans le « top 100 », alors que les prénoms « arabes » se maintiennent. Apparaît très visible, en revanche, l’augmentation du nombre de prénoms « difficiles à classer », prénoms neufs ou sans ancrage.

Sources et bibliographie
Données turques :
https://tuik.gov.tr/PreIstatistikTablo.do?istab_id=1331
#filles
et
https://tuik.gov.tr/PreIstatistikTablo.do?istab_id=1332
#garçons

Aslan, S. [2009], Incoherent State: The Controversy over Kurdish
Naming. European Journal of Turkish Studies, [10]. Available at: https://ejts.revues.org/index4142.html
[Consulté août 16, 2011].

Bulliet, R.W. [1978], First Names and Political Change in Modern
Turkey. International Journal of Middle East Studies, 9[4], p.489-495.

Borrmans, M. [1968], Prénoms arabes et changement social en Tunisie.
IBLA, revue de l’Institut des Belles Lettres Arabes, 121, p.97-112.

Notes
1 Ces données ne représentent pas directement les naissances, mais les personnes nées une année donnée, et encore vivantes vers 2009. Nous allons faire ici comme si ces données étaient assez fidèles aux naissances.
2 Mais pour le savoir, il faudrait disposer de données remontant aux siècles précédents. Les spécialistes d’histoire turque nous renseigneront en commentaire.

Revue de presse : Murat Belge’ye saldırmak / YILDIRIM TÜRKER / Radikal

Murat Belge, mais aussi Yildirim Türker font partie de Mes Héros Personnels. Mais pas dans la même catégorie.

Il faut que je fasse une typologie et classification de Mes Héros Personnels (Héros de la semaine ; failli-Héros, Mes Anti-Héros personnels, etc) (expressions déjà reprises autour de moi…c’est fou ce que les gens sont comme des éponges et même pas conscients de l’être). Et liste des membres de Mon Panthéon Personnel (est-ce que les vivants seraient fâchés de s’y retrouver ? est-ce qu’il y aura suffisamment de femmes ?)

extrait (mais pourquoi wordpress prend celui-ci ? pas le teps de m’en occuper maintenant, je veux juste me débarrasser de mes 150 signets ouverts dans Firefox, apreès on verra) :

Bu dernek, o günden beri Körfez Savaşı’na muhalefetten Andıç operasyonu’nda hedef gösterilen Mehmet Ali Birand’la Cengiz Çandar’ın hakkını korumaya dek çeşitli faaliyetlerde bulundu, sivil toplumun gelişmesini sağlayan yüzlerce proje gerçekleştirdi. Belge, bir dönem de Uluslararası Helsinki Yurttaşlar Meclisi eşbaşkanlığını sürdürdü.

https://www.radikal.com.tr/Radikal.aspx?aType=RadikalYazarYazisi&Date=&ArticleID=936391

Ah ben bravo : La Turquie ignore les quotas de pêche de thon rouge

Moi qui adore le poisson (et surtout le bon poisson tout frais que l’on mange en Turquie) et qui suis écologiste depuis mon jeune âge (premières actions autour de mes 10-13 ans en Turquie) (avant que Greenpeace ne soit organisé/autorisé dans le pays), voilà une mauvaise nouvelle. Pas cool !

Ceci dit, en parlant de poisson et de Turquie (et c’est souvent que je saoule les gens avec ça), le poisson que l’on mange à Istanbul est unique. On ne mange pas de thon, mais des poissons qui arrivent grillés dans votre assiette avec une queue et une tête (sauf 2 exceptions : les brochettes d’espadon (kiliç) et les tranches de turbot (kalkan)). Du coup, pour moi, le plaisir de manger du poisson est lié à voir dans mon assiette une tête et une queue ;-). Plaisir que je ne trouve pas ni avec le thon, ni le saumon (qui ne poussent pas dans le Bosphore).