La Turquie qui ne me manque pas #TraitresseALaPatrie

Article dans la série La France que j’aime et La France que je n’aime pas. Le pendant : La Turquie qui me manque.

  • Les mecs qui te matent dans la rue et te tripotent dans le métro et dans le bus et partout où ils peuvent. Le harcèlement par la parole, les regards, les mains. Rien à voir avec de la drague. Ne JAMAIS confondre ce comportement odieux et la drague.
  • Les journalistes télé et presse écrite qui écrivent dans un très mauvais turc (la langue). Même moi qui n’ai jamais appris à lire ni écrire de façon scolaire (mais toute seule, je sais pas bien comment, mais bon, c’est phonétique, et je devais baigner dans un bon milieu), je suis très gênée à la lecture.
  • Le fait que les gens doivent hurler leur nom quand ils sont embarqués par la police car ils pourraient bien « disparaître » malencontreusement (voir la scène troublante du film  De l’autre côté de Fatih Akin)
  • Les fonctionnaires du consulat turc de Paris qui sont capables de dire « Mais vous n’êtes pas turc/que, alors ? » à quelqu’un sous prétexte que « son nom ne sonne pas turc ». Ça peut arriver à des Juifs, Grecs, Arméniens de nationalité turque. Donc turcs.
  • Le fait que les gens se croient permis de tripoter les bébés et gamins croisés dans la rue comme s’ils étaient des objects publics.
  • Le fait que les gens pensent que tu ne vas pas les voir te passer devant dans la queue, l’air de rien (soyons désinvoltes).
  • Le fait que les gens ne pensent pas souvent à s’excuser s’ils sont amenés à te toucher accidentellement dans l’espace public. Les gens te bousculent facilement, dans la foule, et semblent trouver ça normal.
  • La conduite des chauffeurs de taxi : à en avoir la gerbe et la frousse en même temps. Sans parler du fait qu’ils ne connaissent pas les adresses. Même les plus centrales d’Istanbul.
  • Le kitsch des fringues de bébé.
  • L’incapacité à dire « je ne sais pas » des gens qui ne connaissent pas l’adresse que vous leur demandez. Le fait qu’ils vous envoient dans une fausse direction sans état d’âme.
  • Le sentiment de non-État de droit que tu as en permanence.

(liste en perpétuelle révision. Non, ce n’est pas traçable, si vous avez une meilleure solution, partagez-la)

La Turquie qui me manque #homesick

Article dans la série La France que j’aime et La France que je n’aime pas. Le pendant, la Turquie qui ne me manque pas.

  • Toutes les bonnes choses à manger. Surtout à Istanbul. Oui, ça mériterait un article à part, voire plusieurs.
  • Le fait que les gens soient politisés, beaucoup plus qu’en France. A milieu à peu près égal (= ceux que j’ai fréquenté). Plus proche de l’Amérique Latine, d’après des discussions avec des Mexicains et Argentins.
  • Les gens qui feraient tout pour vous aider. Le sens du service, de l’accueil, du partage (de ce qu’on a à manger, par exemple, dans un bus, par exemple, avec ses voisins).
  • Les phrases du type « kolay gelsin » (littéralement « que cela te/vous soit facile »), « geçmis olsun » (« que cela passe vite »), « eline saglik » (« santé à tes mains »), etc. Du coup c’est très difficile pour moi de passer à côté de quelqu’un qui travaille (dans la rue, par exemple) sans lui dire « bon courage », de voir un ami malade et de ne pas lui dire « bon rétablissement » (mon dieu que c’est lourd), de manger un plat sans féliciter le cuisinier, etc.
  • La langue hyper imagée avec plein d’expression rigolotes (que je connais très très mal en fait). Un peu comme le judéo-espagnol.
  • Les chats dans les rues à Istanbul (je connais mal le reste de la Turquie). Les petites cabanes en carton et les bols de croquettes et d’eau déposées aux coins des rues de Cihangir…Jamais vu autant de chats en Europe, sauf en France.
  • L’humour très particulier, que je ne saurais décrire, une forme de naïveté, d’absurde et d’autodérision…Promis je vous propose des exemples dès que j’en trouve ! Türk mantigi, türk esprisi, türk kafasi…
  • Les dolmuş, qu’on traduit par « taxis collectifs » en français. Je me dis que les shérout israéliens datent de l’époque ottomane, mais je n’en sais rien. Il y a des itinéraires pré-établis. On peut descendre n’importe où sur le chemin et on paye en fonction de la distance. Quand j’étais petite, à Istanbul, c’étaient des vieilles FORD et plein d’autres sublimes voitures. Ils ont profité que j’avais le dos tourné dans les années 90 pour les virer toutes, du jour au lendemain. J’en veux personnellement à chaque stambouliote de ne pas s’être révolté contre ça. Et de ne pas m’en avoir mise une de côté.

https://www.peterloud.co.uk/photos/Turkey/Turkey_4.html

  • Tout a une solution. On se débrouille, on se démerde, on trouve une solution. On est moins fataliste qu’en Europe. Parce que le droit est moins bien fixé, peut-être. Reste une part de flou, de négociation possible. Sauf avec l’État. Enfin, sauf si vous avez beaucoup de pouvoir, et/ou du fric. Donc ce point a du bon et du mauvais, en fait. Demokrasilerde çözüm tükenmez.
  • La possibilité de manger et de boire à toute heure du jour et de la nuit [à Istanbul]. No comment. Mérite un article à part. Explique beaucoup de mes exaspérations parisiennes à crever la dalle à 14h ou à 22h, quand on refuse de vous servir.
  • On répare encore tout. L’avantage de faire partie du Tiers-Monde, et/ou d’avoir une main d’œuvre pas cher, d’être un pays pauvre et membre de la société de consommation depuis moins longtemps que l’Europe, c’est que tout se répare. Une lampe, un parapluie, un sac dont la fermeture Eclair est cassée, une valise, une chaise, un étendoir à linge, les chaussures, l’électroménager même petit, bref tout ce que vous auriez jeté ici. Explique mon allergie à l’obsolescence programmée ou non. Bon, mon grand-père né en 1898 a aussi joué là-dedans.
  • La beauté et le bon goût des fruits et légumes. Bon, j’ai quitté Istanbul en 1994, et apparemment, la situation est moins idyllique que dans mes souvenirs. La Turquie réalise chaque jour son rêve de rattraper l’Europe, et l’imite dans ses pires conneries, au nom du progrès et de la modernité. Les pesticides, c’est connu que les pays du Tiers-Monde font plutôt encore plus n’importe quoi que les pays plus riches, mais je ne sais pas comment, les tomates avaient du gout, les fraises aussi, les pêches, les abricots, les courgettes et les poivrons fins, etc. Et déjà quand j’étais petite, mère et grand-mère râlaient sur telle variété qui avaient disparus, telle autre qui n’avait plus le même parfum…
  • Istanbul, c’est le poisson frais. Le poisson qui a une tête et une queue et s’installe entier, de bout en bout, dans votre assiette. Miam ! Incomparable. Grillés. Sans rien d’autre. Pas de riz, pas de sauce. Certes plus cher que tout le reste, mais beaucoup plus abordable (proportionnellement) qu’à Paris (à vérifier…). Pas des tranches fadasses de poissons congelés arrivés d’Atlantique…

  • Le kaymak. Là, c’est pas un article à part que ça mérite, c’est un bouquin, que dis-je, un cap, une péninsule, une encylopédie.

En gros, pour faire vite, c’est de la crème (pas fraîche, mais le truc qui monte au dessus du lait quand on le fait cuire, je crois), essentiellement fait de lait de bufflonne (sujet à débat : tout le monde met-il du lait de bufflonne, etc.). Se met sur les baklava, notamment, pour les alléger (si, si). Et mon dessert préféré, le « meyhane tatlisi » : une banane coupée en rondelles, du kaymak, des noix pilées, et du miel (de pin). Léger, sain. Le kaymak se trouve plus difficile l’été, et est le seul aliment turc qu’on ne trouve pas en Europe. Ça voyage très très mal, même en avion, faut le manger le jour-même. Du coup, j’ai l’intention de monter un élevage de bufflonnes pour en produire localement. Ou retourner m’installer en Turquie, parce qu’il y a des limites au malheur alimentaire.

  • Les gens s’y connaissent beaucoup plus en goût de l’eau. Faute d’être de bons producteurs de vin ?
  • Faire ensemble le helva à la mort d’une personne aimée. On se relaye à la cuisine pour donner un coup de cuillère à la cuisson de ce plat long et fastidieux et délicieux. Ici, ils ont écrit « halva », ça sonne pas très bien en turc, on dit plutôt « helva » (euphonie). Et ils parlent de helva de farine, moi je ne les ai vus que de semoule, dans ce contexte de mort. Je trouve le rituel très beau, et le résultat très bon. Du coup, il ne faut pas attendre les décès pour le faire.
  • Les enterrements, rassemblements sociaux et mondains, inratables sauf excuse costaud. En France, j’ai connu des gens ne pas aller aux enterrements des parents de leurs amis, pour ne pas gêner, par discrétion, ou pour des causes qui me dépassent totalement. Une sorte de pudeur sans doute qui me met tout à fait mal à l’aise.
  • Trouver des taxis facilement et ne pas payer la peau des fesses [Istanbul]. OK, sauf quand il pleut ou qu’il neige. Et sauf les 2 heures autour de la tombée de la nuit pendant le mois du Ramadan (les gens rentrent chez eux pour manger, et les rues sont désertes). OK, du coup, les taxis sont tout pourris, pas du tout les BMW de Paris. Et ils conduisent mal. Et ils ne connaissent pas les adresses. Mais au moins vous rentrez chez vous facilement de n’importe où à n’importe quelle heure (essayez de trouver un taxi à Bastille ou Pigalle entre 2h et 4h du matin).
  • La vie nocturne à Istanbul. Ah, ça aussi, ça mériterait un article/livre/guide. D’ailleurs il y en a plein depuis que je suis partie. Tous les guides un peu branchés vous conseillent d’aller faire la fête à Istanbul. Vu de Paris, c’est sûr que c’est un peu la folie. Et encore, c’était déjà beaucoup plus la folie que Paris dès 1992-1994, et depuis, les possibilités, le nombre de bars/restos semble s’être multiplié par 10 ou plus (d’après ce que j’aperçois quand j’y passe + d’après ce que je lis dans les guides type TIME OUT Istanbul). Ce qui explique largement pourquoi je me fais chier depuis 18 ans à Paris et pourquoi je râle autant au sujet de la vie nocturne inexistante ici. Ou alors on m’invite jamais nulle part. En tout cas je n’ai pas eu ce problème ni à Berlin ni à NYC que j’adore notamment pour ça. Y compris seule.
  • L’épilation au caramel. En fait, depuis mon départ, la Turquie n’a pas arrêté de se moderniser, et a adopté avec beaucoup de fierté la cire à l’européenne, ce machin qu’il faut étaler en 10 fois sur une demi-jambe pour vous épiler. « Avant », on faisait ça à la sauvage, assise sur une chaise, chez le coiffeur (dans une pièce à part, hein) (où on fait aussi la manucure et la pédicure). Pas d »esthéticienne », pas besoin de se coucher. Ça durait 10 min. En 4 coups de bandes, c’était fait. Après vous avoir étalé, avec un couteau (du type couteau de cantine) ou une cuillère (du type cuillère à soupe de cantine), un caramel qui chauffe dans une casserole sur un butagaz (si, si, je vous jure, c’est folklorique et pas hyper sécuritaire, c’est vrai), la dame vous met des bandes en tissus, et hop, elle tire. Maintenant, elles sont passées à la cire (« sir agda »), elles le vendent plus cher (car c’est plus cher à l’achat), mais elles sont si fières. Si elles savaient qu’en France, le nec plus ultra, hyper plus cher, c’est la cire orientale au sucre ? Le monde à l’envers + nous n’avons jamais été modernes, j’ai envie de dire (hors sujet). (dispositif Socio Technique à étudier un jour)
  • Les gens qui se lavent les mains tout le temps. Notamment après être allé aux WC. Et en arrivant dans une maison (vous arrivez de l’extérieur, la rue, c’est sale). Peut-être lié aux traditions musulmanes de lavage très consciencieux pour ne pas dire maniaque avant la prière ? Peut-être une explication aux non-épidémies de gastros ? (bon, ce dernier point devra être vérifié : si ça se trouve il y a autant de gastros qu’en France, mais que juste on en parle pas, ni entre collègues, ni à une soirée mondaine, ni à la télé).

(liste en perpétuelle évolution)

La France que je n’aime pas #TuLAimesOuTuLaQuittes

Avertissement : Cet article a été écrit en parallèle avec La France que j’aime. J’habite à Paris depuis août 1994, venue sur invitation (et bourse) du gouvernement français à faire une prépa maths-sup bio (pouah). J’ai été naturalisée en juillet 2008. J’ai été étudiante jusqu’en juin 2007 (no comment, hein), soumise à des autorisations de séjour provisoires (de 3 mois à 1 an, même avec un contrat de travail était de 3 ans), puis au régime salarié (autorisation obtenue après radio des poumons, journée d’accueil et tout –ridicule–) en 2008.

J’évite de parler ici de choses trop directement liées à des gouvernements spécifiques, comme les lois et les pratiques immondes concernant les sans-papiers, les immigrés et leurs enfants parfois français. J’ai essayé de ne parler que ce qui me paraissait plus généralement faire partie de la culture, de l’ambiance, de l’intemporel en France. Tentative illusoire, consciente de ses limites.

Enfin, les Français non-parisiens trouveront peut-être que je parle quand même surtout de Paris, ce biais n’est pas étonnant vu mon parcours, alors n’hésitez pas à commenter et à compléter.

  • L’arrogance des flics, de la police aux frontières, des garçons de café (ah non, eux ils méritent une ligne à part).
  • L’insupportable arrogance et le mauvais humour des garçons de café [à Paris]. Odieux avec les étrangers qui prononcent mal les noms des plats, capables de faire semblant de ne pas comprendre.
  • L’humour français tel qu’on le voit dans les films français, et autour de soi.
  • L’amour des jeux de mots et calembours, à l’écœurement. Les titres de l’Équipe, de Libé, du Canard.

3 Exemples de Libé :

  • Le fait que les filles/femmes doivent faire la bise aux garçons/hommes et aux filles/femmes même inconnus, même ceux qu’on ne reverra jamais, même ceux avec qui on n’a pas échangé un mot pendant la soirée, etc. J’ai déjà essayé de serrer la main, à mon arrivée à la fac le matin. On s’est moqué de moi : ça faisait candidate en campagne électorale. Les garçons ne sont tenus d’embrasser que les filles, c’est déjà ça en moins. [Remarque : en Turquie, on serre la main des gens qu’on ne connait pas, on embrasse très chaleureusement (pas l’air) les gens qu’on connait et aime]. Lire ce papier génial qui exprime tout ça en mieux.
  • Les Français qui se croient si facilement les meilleurs du monde. Même ceux qui n’ont pas quitté leur patelin.
  • Les touristes français croisés en Turquie, à New-York, à Berlin, wherever. Ils vous foutent la honte, souvent.
  • Les queues interminables qu’il faut faire chez lez boucher, au cinéma, à la boulangerie, au marché, à la pharmacie, partout, tout le temps.
  • Les gens qui ne savent pas faire la queue. OK, c’est pas mieux en Turquie, voire pire.
  • Le manque du sens du service y compris chez les commerçants ou agents d’information dont on pourrait penser que c’est le métier. L’exact opposé : en Turquie, à NY, en Allemagne.
  • L’esprit colonial qui traine encore. Considérer que la présence en Afrique est normale. Ou l’existence des DOM, des TOM, etc.
  • L’antisémitisme de la gauche (celle de la droite, je m’en fous, c’est normal). OK, ça doit être pareil ailleurs…
  • Le fait de ne pas oser parler de la mort et de certaines maladies, cette fausse (ou vraie) pudeur que je trouve parfois malsaine. L’expression « longue et douloureuse maladie » (pour cancer) en est un bon exemple, ou « fatigué » pour déprimer.
  • Le fait qu’on parle si facilement des gastros des uns et des autres dans un milieu professionnel. Découvert ça dans mon labo de thèse (= mon premier vrai boulot), je ne cesse de m’étonner 10 ans plus tard.
  • Le fait qu’on ne laisse pas sa place aux personnes âgées ni aux femmes enceintes ni aux personnes avec enfants dans les bus et métros [Paris].
  • La nationalisme, y compris quand on essaye de la déguiser sous forme de patriotisme qui serait soi-disant plus acceptable. Ça ne me change pas de la Turquie, pour le coup.
  • Les journalistes qui s’écrasent devant leurs invités à la télé ou à la radio. Je ne comprends pas cette complaisance, à leur place. Et non, ça ne date pas de l’époque Sarkozy, c’était pareil sous Mitterrand et Chirac.
  • Le boucan les soirs de matchs de foot ou de rugby. Les gens qui hurlent, les gens qui n’ont pas bougé le petit doigt et qui se permettent de dire « on a gagné ». OK, c’est pareil en Turquie.
  • Les grands-messes type Salon du Livre ou Salon de l’Agriculture. Le dernier mériterait un article à part entière « Pourquoi je n’aime pas le salon de l’agriculture ».
  • L’importance donnée aux prix littéraires dans la presse et dans l’esprit des gens. Ils en parlent aux infos même sur FIP (moins de 5 min d’infos, hein).
  • Le fait que la plupart des gens semble trouver ça normal de noyer les chatons (et les chiots ?) non désirés. Jamais entendu parler d’une telle horreur en Turquie, jamais envisagé que ça puisse exister « dans un pays civilisé ». « Mais alors que faire ? » me dit-on parfois ? Stériliser en amont (la France est un pays riche), s’en occuper, les placer chez des gens, les nourrir dans la rue (comme à Istanbul ou à Rome), mais surtout ne pas trouver ça normal ni faisable.
  • Les voies de communication en étoile, tous les chemins qui passent par Paris. Conséquences inévitables : galères de déplacement entre les banlieues (RER) et entre les villes (en train). Par la route, je ne sais pas si c’est mieux.
  • Les classes prépas et les grandes écoles. La sélection sur les maths. Le fait que ces compétences très particulières et partielles démontrées vers 20 ans servent à classer les gens jusqu’à la fin de leurs jours. L’esprit de corps, le corporatisme.
  • L’ordre des médecins. Tous les ordres, peut-être. Et peut-être dans tous les pays, d’ailleurs.
  • Le défilé militaire du 14 juillet et l’attachement des Français à ça.
  • Le pays qui marche au rythme des vacances scolaires. Les cours de gym qui s’arrêtent, la cantine d’entreprise qui ferme plus tôt, les boulangeries qui n’ouvrent même pas. Comme si tout le monde marchait à ce rythme. Je parle même pas du mois d’Aout.
  • L’école qui est là pour écrabouiller les individualités et l’esprit critique, pas là pour l’épanouissement et le bonheur des enfants. D’après de nombreux témoignages, et études comparées.
  • La méfiance vis-à-vis des jeunes, à la fac et ailleurs (pas dans les grandes écoles, apparemment, où on leur répète qu’ils sont l’élite de la nation –et ils ont bien raison).
  • L’opposition scolaire entre « littéraires » et « scientifiques ».
  • La pression mise sur les jeunes pour avoir un CV bien linéaire. La défiance face à l’original.
  • La suppression des bancs publics [à Paris]. Sous la pression des habitants sur les mairies, sous prétexte que des clochards dorment dessus. Je HAIS ça. Oui, le mot est violent mais assumé.
  • Le mobilier urbain anti-clochard dans le métro [à Paris]. Même chose que précédemment. En habituant les gens à ça, on prépare des fascistes, je pense.
  • Le massacre à la tronçonneuse des arbres [à Paris]. De la taille non adaptée, excessive, à des moments mal choisis. Sous des prétextes fallacieux, toujours différents (oui, je discute souvent avec les gars chargés de le faire). Des horreurs d’arbres amputés, des rangées de moignons alignés, de formes carré ou rectangle, tristes à mourir, hantent les villes et les cours de recré.
  • Les jardins à la française. Alors que le jardin à l’anglaise ça existe, et c’est si délicieusement plus beau : (photos piquées aux pages wikipedia citées, le Jardin du Luxembourg à Paris et le Jardin des Plantes d’Angers)

  • Le laïcisme militant de certains qui semble n’avoir pas compris que la laïcité, c’est juste un État qui ne voit pas les religions de gens, et non pas un État qui impose une tenue aux femmes.
  • L’absence d’escalators et d’ascenseurs dans plein de stations de métro [Paris]. Dont les stations des lignes desservant les gares et les aéroports. Dont même les stations des gares elles-mêmes. Sans parler des doubles puis triple protection anti-fraude installés durant les 30 dernières années. Voir les têtes décontenancées des touristes, les plaindre. Dans la 5e puissance du monde, 1ere destination touristique mondiale.
  • Le fait qu’on se mette que si récemment à mettre des systèmes qui permettent à des gens en chaises roulantes de prendre le bus [Paris]. Aller faire un tour en Suède, et se demander si le pays a subi une attaque nucléaire pour avoir autant de handicapés moteur (et de vieux) dans les rues. Comprendre que c’est juste que là-bas, ils ne sont pas enfermés chez eux, ils sont dans la ville avec tout le monde !
  • Dire demi-douzaine au lieu de 6. Inutilement pompeux et lourd. [14 mars, suite à mail reçu, que l’auteur ne m’en veuille pas]
  • La capacité à boire aussi facilement du mauvais vin tout en produisant les meilleurs. Râler contre la qualité du vin, faire semblant de s’y connaître (en cantine ou congrès scientifique). En redemander.
  • Ne pas facilement inviter à manger/prendre le thé à la maison (je n’ai jamais été en milieu pro en Turquie, mais je ne peux croire que ce soit comme ici face à une personne étrangère qui n’a pas de famille en ville).
  • Trouver de l’Evian dans tous les restos, très cher, mais jamais de Volvic. La faute aux circuits de distribution, à la puissance de Danone, sans doute.
  • Devoir se battre dans les cafés et restos pour avoir une carafe d’eau (parfois juste un verre d’eau).
  • Les Français qui disent sans entendre la bêtise de leurs mots « Faire un pays/une région » : « J’ai déjà fait le Vietnam, cette année je fais le Cambodge », « Nous avons fait le Canada », etc. Oui mais non, les mots ont un sens. Consolation : je ne suis pas la seule à être allergique à cette façon de parler. [29 avril 2013, pensé depuis au moins 5 ans]

(liste en perpétuelle révision évolution. Non, ce n’est pas traçable, si vous avez une meilleure solution, partagez-la)

La France que j’aime #CommeAuPremierJour

Article dans la série La France que je n’aime pas, la Turquie qui me manque, la Turquie qui ne me manque pas.

  • La Hulotte, « le journal le plus lu dans les terriers », connu par un ex. Je trouve ça irrésistible. Les dessins sont sublimes. Les infos sérieuses, le ton drôle. J’adore aussi l’histoire de la revue, l’histoire d’un homme principalement. J’adore rencontrer des gens abonnés à La Hulotte. C’est des chouettes gens qui s’intéressent à la nature, la nature sauvage qu’ils ont à portée de mains.
  • Les bals populaires du 14 juillet. Le bal du PC qui s’est longtemps tenu sur le pont ?? entre l’Île Saint Louis et le quai ?? (à compléter). Le fait que les casernes de pompiers ouvrent leurs portes pour accueillir le public.
  • Que le 1er mai soit le seul jour férié nécessairement chômé. La tradition du muguet, les manifs.
  • Le Front Populaire, Mendès-France et Mai 68
  • Le Préfét Maurice Grimaud. Bon en fait il faudrait que je publie l’ensemble de Mon Panthéon Personnel pour être plus juste envers les autres.
  • Les bonnes baguettes et la meilleure pâtisserie du monde. Attention, ni les baguettes ni les pâtisseries ne sont bonnes partout en France, loin de là.
  • L’expression « salle des pas perdus« .
  • Le fait qu’on y danse encore le rock à deux, quel bonheur !
  • Les manifs et les grèves. Les droits, ça se défend et ça s’obtient par les luttes.
  • L’autogestion de Lip (ok, ça n’a pas duré, mais quand même).
  • Les fait que les gens lisent des journaux et des livres dans le métro et dans le bus. Beaucoup moins depuis l’arrivée des téléphones portables, et surtout des smartphones ?
  • Le Canard Enchaîné, les Guignols de l’info, Charlie Hebdo et leur irrévérence.
  • La beauté de Paris. J’habite ici depuis près de 18 ans (+ 2 ans quand j’étais petite), et je ne m’en lasse pas un seul jour. Le fait qu’on n’ait pas le droit de faire des restaurations n’importe comment sur les façades (même si désormais on voit beaucoup de mochetés).
  • Les bancs publics (qui disparaissent, et je trouve ça extrêmement choquant car c’est pour de très mauvaises raisons).
  • Les squares et les jardins type Luxembourg fréquentés par les enfants, les vieux et les amoureux.
  • La quantité de vieux qu’on voit dans les rues. Le pays est vieillissant, comme toute l’Europe, et les rues sont plus accessibles qu’en Turquie, par exemple.
  • La drague assez égalitaire entre hommes et femmes dans les espaces publics (rues, bus, métro, bars). Entre femmes, je ne sais pas, je n’ai jamais été draguée par une femme, à mon grand désespoir. Les regards, les sourires. Pas le regard insistant, baveux, agressif et malsain des mecs qui occupent les rues en Turquie. La drague, ce bonheur que j’ai découvert à Paris. Ça drague aussi à NY ou Berlin, mais non, pas pareil, pas autant, pas aussi bien.
  • Le TGV, suggéré par Antoine. C’est vrai qu’on ne peut pas ne pas admirer la bête, son confort, sa vitesse, son peu d’accidents, son absence de morts. Surtout quand on a fait des milliers de km en bus dans les Pays-du-tiers-monde-qui-commencent-à-s’en-sortir : la Turquie et les États-Unis ;-).
  • L‘impressionnante politesse des gens à table : on ne commence pas avant que tout le monde soit servi. Au resto, surtout. Du coup je me suis payée la honte plus d’une fois, c’est vraiment quelque chose que j’ai du apprendre, qu’on m’a appris (les amoureux surtout, je crois). Plus tard, j’ai remarqué que certains n’y faisaient pas gaffe…et du coup, ça me choque, vraie française que je suis devenue. Et les délicieux touillage de ce que tu as dans ton assiette, en attendant impatiemment que tout le monde soit servi : un vrai petit bonheur.
  • L’amour et la pratique si générale de la montagne/de la rando/de l’escalade. J’ai l’impression de n’avoir jamais rencontré un seul Français qui n’ait pas fait au moins rando dans sa vie. Les sports alpins dans un pays alpin, comme son nom l’indique.
  • Tout le monde qui sait bricoler. Plus ou moins. Chacun a forcément refait la peinture de sa chambre/son studio voire son appart. Remplacé un mitigeur, démonté un évier bouché. Réparé une prise. Eh bien, personne que je connaisse en Turquie (allez sauf 1-2 collectionneur de vieille voiture/ingénieur en mécanique). Encore la faute à la main d’œuvre pas cher en Turquie, on n’a pas besoin de savoir ces choses-là, chaque problème a son spécialiste qui viendra pour pas cher, dans la demi-journée.

(liste en perpétuelle révision. Non, ce n’est pas traçable, si vous avez une meilleure solution, partagez-la)

Quelques réflexions au sujet des devoirs de Sciences Po

Voici quelques réflexions que j’ai eu pendant la correction de 3 devoirs, deux questions rapides et un paper à faire à la maison, et que je viens d’envoyer à mes étudiants par mail.

Il s’agit du cours Grands enjeux scientifiques du début du 21e siècle de Jean-Yves Le Déaut et Geneviève Fioraso de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, que M.Le Déaut menait seul depuis 7 ans environ, un cours qui s’adresse à  80 étudiants de 2ème année. C’est un des cours « Humanité » qu’ils doivent choisir parmi un des 3 cours « scientifique » – les énergies, le cours d’Hervé This (« cours bizarre », m’ont dit les miens) – ou « littéraire » – »colors & culture » (hein ? ), « patrimoine » ou « métaphysique ».

Question 1 : A partir d’un ou deux exemples précis, indiquez votre appréciation sur l’évolution des rapports entre sciences, technologie, et politique en Europe. (15 lignes maximum) (notes obtenues : de 4 à 8 sur 10)

Le lieu commun le plus souvent rencontré a été de dire que les rapports entre sciences et politiques étaient « de plus en plus étroits » ces derniers temps, avec quelques variations dans les termes. La preuve donnée étant l’adoption du principe de précaution…Croisé également que l’influence de la politique est très importante sur la science par la législation « sinon ça serait n’importe quoi » (en gros). Et l’influence inverse ? Et l’usage d’arguments scientifiques ou scientistes dans des contextes politiques ?

J’ai pourtant aussi lu « le désintérêt pour la science caractérise notre époque ». Soyons sérieux, les amis. Essayons d’être précis dans les termes, et ne pas balancer ce qu’on croit être des évidences sans aucun recul ni forme d’analyse.

Évidemment, je préférais voir parler d’une « dépendance réciproque entre science et politique », approche beaucoup plus latourienne, et qui me parait de bon sens : les influences unidirectionnelles, c’est rare, et c’est toujours plus prudent de vérifier les deux directions avant de conclure. Dit par un autre étudiant, ça a donné « la science a besoin de politique (régulation…) et la politique de la science (expertise…) ». Et un autre questionne l’ « apparence » de deux sphères séparées, « jadis ». Recul, réflexivité, questionnement, on avance.

De même, sur le rapport entre la société et certains de ses membres (les chercheurs), c’était intéressant de remarquer qu’on peut parler de deux mouvements opposés : confiance et défiance, et tenter de les analyser.

Les exemples choisis couramment étaient : l’amiante, le sang contaminé, les OGM, les lois de bioéthique, le nucléaire, les nanos, le climat.

Vous avez beaucoup parlé du principe de précaution. J’étais très étonnée de lire dans une copie l’idée que ce serait les chercheurs qui auraient imposé (sic !) ce principe. Ça me parait difficile à illustrer…et difficile à expliquer/comprendre. Une forme d’anachronisme consistait à dire que c’est le principe de précaution qui avait fait de la science une question politique.

Je ne peux que vous encourager à lire le tout petit mais hyper dense et clair ouvrage de Dominique Pestre « Science argent et politique ».

Question 2 : À partir de l’exemple des lois françaises de bioéthique, dites s’il est nécessaire de légiférer en fonction de l’évolution des connaissances. Les lois de bioéthique doivent-elles révisées régulièrement ? (15 lignes maximum) (notes obtenues : de 4 à 9)

J’ai été hyper déçue de ne voir quasiment qu’un seul type de réponse : « Ah bah oui, il faut réviser souvent les lois de bioéthique, pour s’adapter aux progrès biomédicaux qui sont rapides ». Je vous la fais rapide, mais vous voyez ce que je veux dire. Aucun problème, la réponse est oui, et il y a plein d’exemples qui le prouvent, comme la vitrification des ovocytes ou les tests génétiques de dépistage. Mais si on vous pose la question, on peut se dire qu’on peut creuser un peu, non ? Essayer d’aller au-delà de l’évidence ? Regarder derrière, en dessous, au dessus, tourner l’objet dans tous les sens, le secouer un peu. Exercice intellectuel fertile, je pense. Juste pour voir si on tombe sur un truc un peu étonnant, paradoxal, perturbant.

Avant de commencer à lire vos copies, je m’étais posé moi-même la question. Peut-on trouver des contre-arguments à une révision régulière ? Est-ce vraiment justifié de dire que ces lois doivent être révisées régulièrement pour rester en accord avec la société…mais pas les autres lois qui règlent les relations entre les personnes, les entreprises et les États ? Rien ne bouge jamais dans tous ces domaines-là ? Come on ! Et ces révisions régulières suffisent-elle à garantir l’adéquation avec la société ?

Heureusement quelques étudiants sont allés au-delà de cette apparente évidence, ont nuancé, ajouté, discuté.

Oui, il faut réviser régulièrement, mais…

-… le rythme actuel de ces lois pourtant moquées de « biodégradables » n’est pas suffisant par rapport à la vitesse de mise à disposition des avancées scientifiques

-… pour une autre bonne raison de faire des révisions régulières (autre que les progrès prodigieux du domaine biomédical, donc) : c’est une façon de maintenir actif le débat sur ces sujets.

Et puis réviser régulièrement n’est pas suffisant, voire contre-productif :

– vu la non-ampleur de la révision de 2011 (« a minima »), ce n’était finalement pas tellement nécessaire, mais plutôt symbolique, ce ne sont pas les progrès scientifiques qui déterminent les révisions

– les révisions régulières ne constituent pas une garantie d’adéquation avec la société. Comment savoir ce que l’opinion publique souhaite ? Comment ne pas être trop influencé par les groupes de pression et lobbies ?

– pire, ça peut être source d’incertitude et d’inconfort, perdre en lisibilité pour les chercheurs et pour le public général.

Mais alors que faire ?

Un/e étudiant/e a conclu sur le fait que l’enjeu était de faire un compromis entre la protection des personnes et la recherche (qui in fine sert aux personnes).

Ces étudiants ont sans doute réussi à s’étonner du sujet, et ne pas foncer la tête la première dans la réponse qui leur parait évidente. Une bonne façon d’aborder les études et la vie, je dirais.

Dernier point qui me chagrine : j’ai lu dans une copie « S’il n’y avait pas de lois, les chercheurs n’auraient aucune contrainte, aucune limite, aucun interdit, ce qui pourrait être néfaste pour l’homme ». Vous ne pensez pas tous ça, rassurez-moi ?

Le paper : La globalisation des processus d’innovation et la mondialisation des développements technologiques contribuent-ils à réduire ou à accroître les écarts économiques et sociaux dans le monde ? Vous traiterez ce sujet selon le plan qui vous paraît le plus judicieux en vous appuyant sur des exemples précis. Le mémoire ne doit pas dépasser 15 pages dactylographiées. Il doit notamment la définition de l’innovation, les principaux champs thématiques d’application, les effets et conséquences du progrès scientifique et technologique, les freins à l’innovation, les modes de gouvernance et le recours à l’expertise, la différence de perception au niveau international des questions relatives aux risques et à la précaution.

Notes obtenues : de 15 à 27 sur 30.

Concernant les papers, je ne ferai pas trop de remarques ici sur le fond. En gros, il ne fallait pas, selon moi, oublier de traiter certains aspects du sujet (je suis d’accord, le sujet était hyper large…). Ont le plus souvent été oubliées les questions de perception des risques et d’expertise…ainsi que parfois la définition même de l’innovation.

C’était bien aussi de ne pas parler uniquement d’économie, mais penser au développement social.

Également, ne pas oublier de traiter les inégalités entre les pays et celles au sein même des pays.

Le plan le plus simple et donc le plus courant a été de traiter d’un côté en quoi les innovations technologiques étaient facteurs d’inégalités, et d’un autre, en quoi ces mêmes innovations pouvaient participer à combattre les inégalités. Mais quelques plans plus originaux se sont fait remarquer. Je n’ai pas attribué de grande importance aux plans, ce n’est pas un cours de méthodo. J’étais surprise et contente de voir que le célèbre plan en deux parties n’était finalement pas une crispation chez les étudiants.

Dans la forme, je tiens à vous faire quelques remarques, car après tout, je ne sais pas si on vous enseigne tout ça (j’ai demandé sur twitter, j’ai eu des avis divergents…). Je ne vais signaler ici que les erreurs que j’ai vues le plus couramment.

Tout d’abord, le format des devoirs. Sur 38 devoir reçus, il y avait seulement 17 documents en format PDF, 20 devoirs sous des formats Word (5 .doc et 15 .docx), et 1 devoir en 2 versions : .pdf et .docx (#principedeprécaution). Le problème d’envoyer un fichier Word n’est pas seulement de faire l’hypothèse que j’ai acheté (ou piraté, pas mieux) ce logiciel propriétaire pour le lire (on est d’accord qu’en pratique, ce pari est peu risqué), mais il ne s’agit pas que de ça. Toujours préférer les formats ouverts et libres. Les raisons sont là. Lire aussi mon ami Bastien Guerry icipour élever un peu le débat.

Un truc de base : on ne met pas de point à la fin d’un titre. Que vous utilisiez des phrases avec un verbe conjugué dans vos titres ou pas, essayez de vous y tenir pour l’ensemble du devoir, dans un souci de cohérence et parce que c’est plus agréable à lire. Évitez les titres trop alambiqués (et d’une manière générale, les phrases trop alambiquées).

Les références de bas de page ne sont pas indispensables mais très pratiques et très bien vues. Donc apprenez à vous en servir sans plus tarder. Les notes de bas de page ne dispensent pas de bibliographie en fin de devoir. Toutes les références citées dans le texte doivent être précisées (auteur, titre de l’ouvrage ou de l’article, date, etc.). Je vous conseille à cet usage d’utiliser Zotero, outil libre et facile de gestion et partage de bibliographie.

Il manquait parfois des phrases/paragraphes de transition ainsi que des phrases de conclusions provisoires : n’ayez pas peur d’être lourd, ça facilite amplement la lecture et permet de suivre votre raisonnement.

Numéroter les pages de son devoir, c’est bien pratique aussi.

Le texte de vos devoirs doit être justifié et non pas aligné à gauche (je n’ai pas vu d’alignement à droite, dieu merci). Ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça.

Toutes les figures insérées dans votre devoir doivent être numérotées, avoir un titre, une source et si possible une petite légende. Je suis très favorable à l’usage de tableau/cartes/schémas dans les devoirs, mais il ne suffit pas de les insérer, il faut y faire référence dans le texte, l’exploiter, sinon, ça ne sert qu’à faire joli et remplir de l’espace.

D’une façon générale, tout ce que vous affirmez doit être argumenté et sourcé. Les sources ne sont pas que les livres et les articles, vous avez pu citer d’autres cours que vous avez eu, et c’était très bien.

J’ai valorisé les exemples nombreux, précis, pertinents et bien exploités (savoir en tirer quelque chose de plus général). À vous lire, on dirait qu’on vous apprend à Sciences Po à soigner l’incipit, et c’est assez agréable à lire. De même, vous avez souvent fait un effort d’ouverture dans la conclusion, et c’est très bien.

Pour en savoir plus et pour bien écrire, il y a beaucoup de ressources sur internet, voici quelques suggestions :

Sur la typo :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Typographie

https://www.typographie.images-en-france.fr/

https://www.guide-typographie.com/index.htm

https://jacques-andre.fr/faqtypo/lessons.pdf

Sur les sources et notes de bas de page (c’est un sujet compliqué, mais commencez simple) :

https://www.unige.ch/biblio/ses/pop_ressources_itineraire_citations.html